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L’orientation sexuelle à l’épreuve du djihad

 

ILLUSTRATION OLIVIER BONHOMME

Sur le territoire qu’elle contrôle entre la Syrie et l’Irak, l’organisation Etat islamique (EI) a pour coutume de précipiter les homosexuels du haut des immeubles. Si le Coran ne condamne pas explicitement l’homosexualité, la mouvance djihadiste, se fondant sur certains hadiths (des paroles rapportées du Prophète), tient la sodomie pour une « abomination » et accuse les démocraties occidentales, entre mille maux, d’avoir « légalisé » l’homosexualité.

L’EI vient pourtant coup sur coup de revendiquer deux attaques perpétrées par des « soldats » du « califat », qui se sont avérés avoir une sexualité peu en phase avec le rigorisme en vigueur à Rakka. Dans la nuit du 11 au 12 juin, Omar Mateen tue 49 personnes dans une boîte de nuit gay d’Orlando, en Floride, et prête allégeance à l’Etat islamique.

Dès le lendemain, l’organisation s’empresse de revendiquer cet attentat contre les « sodomites ». Peut-être un peu vite. Quelques jours plus tard, le témoignage d’un amant laisse entendre que le tueur était « 100 % gay ». Son homosexualité, « honteuse » au sens psychanalytique – c’est-à-dire vécue mais non assumée – semble l’avoir conduit à développer une haine contre ses propres penchants : « Il y avait définitivement des moments où il exprimait son intolérance envers les homosexuels », a témoigné son ex-femme dans les médias américains.

Un mois plus tard, le 16 juillet, l’EI revendique de nouveau une attaque perpétrée par un époux décrit comme « violent » qui fréquentait, lui aussi, des hommes : le soir du 14 juillet, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a tué 84 personnes au volant d’un camion, à Nice. Si aucune trace d’allégeance n’a été retrouvée, le jeune homme s’intéressait de longue date à la propagande de l’Etat islamique. Là encore, les révélations sur sa vie sexuelle « dissolue », selon les termes du procureur de Paris, ne seront relayées par la presse qu’après le communiqué de revendication de l’organisation terroriste.

« Haine de soi »

Le profil de ces deux tueurs a jeté un doute sur la dimension djihadiste de leur acte. Ils constituent sans doute, chacun à sa façon, des cas limites, aux confins de la psychiatrie et de l’idéologie. « Les cas extrêmes peuvent paraître caricaturaux, mais ils permettent de penser les autres cas : ils opèrent un grossissement, comme au microscope, de ce qui n’apparaît pas à première vue chez d’autres », souligne Fethi Benslama, professeur de psychopathologie et auteur d’Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman (Seuil, 160 p., 15 euros).

« Dans le cas d’Orlando, ce n’est évidemment pas l’homosexualité qui est à l’origine du passage à l’acte, mais une haine de soi prise dans l’homosexualité. Il faut toujours inscrire la sexualité dans un cadre personnel, et sans doute ici pathologique. L’homosexualité d’Omar Mateen a pu lui apparaître comme une abomination qu’il a fallu traiter, par l’effacement de soi-même et de ceux qui l’incarnent. »

Au-delà des cas particuliers des tueurs de Nice et d’Orlando, la question de l’identité sexuelle est loin d’être marginale dans la sphère djihadiste. Selon les informations du Monde, plusieurs islamistes, dont l’adhésion à la doctrine est établie, ont eu des penchants homosexuels plus ou moins assumés.

L’exposition de leur cas n’a pas pour but de minorer la dimension politique du terrorisme, pas plus que le désir de transcendance d’une jeunesse engluée dans le matérialisme. Il ne s’agit pas davantage de proposer une lecture simpliste des ressorts psychologiques de l’embrigadement, qui sont aussi divers que les parcours.

La récurrence de ces profils particuliers tend néanmoins à révéler ce que la « grande cause » idéologique peut cacher de « petites causes » intimes. Les acteurs amenés à travailler sur les ressorts de l’embrigadement le constatent : ce qui demande réparation dans la radicalité relève souvent d’une construction défaillante de l’identité. Une identité bancale qui peut être culturelle, sociale mais aussi sexuelle.

Les « penchants homosexuels » de Chérif Kouachi

Le terroriste le plus célèbre à avoir eu une sexualité en contradiction avec la cause qu’il servait est Chérif Kouachi, un des tueurs de Charlie Hebdo. Alors qu’il est sur écoute et fait l’objet d’une surveillance physique, une note déclassifiée de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) relate sobrement : « Ses penchants homosexuels étaient également découverts à ce moment. » Les enquêteurs ont constaté qu’il avait un amant.

Chérif Kouachi commettra quelques années plus tard un massacre dans les locaux de Charlie Hebdo. Confronté à deux interdits – la sodomie et la représentation du Prophète –, le tueur semble avoir choisi de condamner à mort les transgresseurs du deuxième tabou, purifiant ses propres « fautes » par la grâce du martyr. « Les djihadistes sont souvent des transgresseurs qui cherchent à effacer leurs péchés », souligne M. Benslama.

« Les personnalités astructurées ont deux mécanismes de défense : le clivage – comme les djihadistes, ils sont binaires et départagent le pur de l’impur – et la projection, qui consiste à rejeter sur l’autre ce qu’on ne peut héberger en soi », explique la psychothérapeute de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) chargée de poser un diagnostic sur les signalements de radicalisation, qui a souhaité rester anonyme. « Ce mécanisme projectif, qui est au cœur de la paranoïa, revient à désigner des ennemis, abonde le psychiatre Serge Hefez. Pour Daech, ce sont les homosexuels, les juifs, les apostats, etc. »

« Je souhaitais me racheter »

Le parcours d’un jeune djihadiste converti, dont nous avons choisi de taire l’identité, illustre à quel point le puritanisme salafiste peut être une façon de gérer ses conflits intérieurs. A son retour de Syrie, M. est débriefé par les services de renseignement. Le policier lui demande pourquoi il s’est converti à l’islam. « A cette époque je n’étais pas croyant, je me sentais homosexuel (…) L’islam m’a paru vrai, j’ai compris que l’islam était fait pour moi, et depuis plus d’une année je ne me sens plus homosexuel. Je n’ai plus eu de rapport sexuel depuis. Par contre, je continue à chatter avec des homosexuels, notamment sur Facebook. »

Sa conversion semble avoir eu pour objectif de circonscrire des désirs vécus comme honteux. Mais le subterfuge n’opère pas. Peu après sa conversion, M. projette de rejoindre Gaza. L’enquêteur : « Vos projets à Gaza sont parfois présentés sous l’angle de fantasmes sexuels. Le 4 décembre 2012, vous déclarez à X que vous seriez heureux de vous faire violer dans les tunnels reliant Rafah à Gaza. Qu’avez-vous à dire à ce propos ? » Le converti : « Vous me lisez un extrait de ma conversation et il est vrai qu’avoir des rapports hard là-bas m’aurait intéressé. »

M. décide finalement de partir pour Rakka. Avant son départ, il discute sur Facebook avec un combattant sur place et tente de convaincre deux jeunes hommes de 17 ans de le suivre. « Peut-être que le djihad servait de prétexte pour entrer en contact avec ces gens, admet-il. Avec du recul, je me rends compte qu’il pouvait s’agir d’une forme de drague. » Il affirme que ses trois « compagnons de voyage (…) étaient au courant de [s] on passé homosexuel, déjà avant [leur] arrivée en Syrie ».

A peine arrivé à Rakka, le jeune homme est envoyé au cachot durant une cinquantaine de jours. La police islamique a découvert des photos compromettantes dans son appareil photo. Il échappera miraculeusement à la mort, et sera finalement autorisé à rentrer chez lui. L’enquêteur qui l’auditionne à son retour est interloqué par ce manque de prudence : « Je ne recherchais pas de danger, assure pourtant le jeune homme, je souhaitais plutôt me racheter pour ma conduite homosexuelle contraire à l’islam. »

« Etouffer » les pulsions

Si l’expérience de M. est sans aucun doute singulière, elle révèle des dynamiques à l’œuvre dans la radicalisation. « Des interdits aussi forts, aussi rigides, peuvent répondre à un besoin de structuration : ça contient, ça sécurise », explique la psychologue de l’Uclat. Sur la dizaine de signalements pertinents de personnes radicalisées qui remontent chaque jour via la plate-forme téléphonique mise en place en 2014, elle estime qu’environ un tiers des cas « présentent des difficultés à réaliser leur identité sexuelle, souvent en raison d’un traumatisme durant l’enfance ».

« L’engagement dans la religion permet de tenter de se débarrasser de ses pulsions homosexuelles, de les étouffer, complète Fethi Benslama. L’individu va être amené à exercer une forme de répression tout en éprouvant une plus grande culpabilité. Ce qu’il pense être un traitement devient un calvaire. Les grandes figures chrétiennes ont été confrontées à ce genre de processus. Cette idéologie ne fait qu’aggraver leur volonté de purification. Chez des personnalités perturbées, elle peut se lier à de l’agressivité, vis-à-vis de soi-même et des autres. »

Dans un dossier d’instruction de filière djihadiste, les enquêteurs ont mis la main sur le disque dur d’un candidat au départ qui illustre l’importance de ces pulsions contraires. Une quantité impressionnante de matériel pornographique a été saisie. « Constatons la présence de 33 641 fichiers photographiques. Il s’agit en grande majorité d’images copiées via Internet, photos de charme ou pornographiques hétérosexuelles, homosexuelles ou lesbiennes », relève le procès-verbal.

« Il y a mille façons de se radicaliser, mais j’en ai en effet vu un certain nombre pour qui cette question de l’homosexualité honteuse est très présente », confirme Serge Hefez, qui suit une quinzaine de jeunes radicalisés. L’un de ses patients particulièrement radicalisés alterne, à en croire ses données de connexion Internet, la consultation de sites djihadistes violents – notamment des vidéos de décapitations – avec des sites pornos gays.

« Ta main sur ma poitrine »

D’autres djihadistes semblent vivre leur homosexualité de façon plus assumée. C’est le cas de ce recruteur, dont la conversation téléphonique avec une recrue a été interceptée par les enquêteurs. Les deux hommes reviennent sur leur dernière réunion préparatoire avant de partir en Syrie. Ils ont passé la nuit dans une maison. La recrue : « J’ai senti, tu m’as fait un bisou sur le front… Tu as passé ta main sous mon tee-shirt, tu t’es retrouvé avec ta main sur ma poitrine… » Le recruteur : « Je fais de l’apnée du sommeil et du somnambulisme (…). J’espère que tu ne te fais pas des films et a une mauvaise image de moi. »

Après un an passé en Syrie, ce recruteur repasse la frontière turque et décide de se rendre. Il contacte les autorités françaises, qui demandent aussitôt à leurs homologues turques de l’intercepter. Son interpellation rocambolesque est relatée par un membre des services de renseignement français : « Après l’avoir filoché en train de faire la tournée des bars gays d’Istanbul, les Turcs ont fini par nous rappeler : Vous avez dû vous tromper. On a dû les convaincre que c’était bien lui. »

Ce djihadiste n’avait pas l’intention de se faire exploser à son retour en France. Mais comment expliquer qu’il ait décidé de passer un an en Syrie sous la férule d’une idéologie qui le condamnait théoriquement à mort ? « Certains homosexuels honteux peuvent rechercher le contact d’autres hommes dans le cadre d’une camaraderie virile afin de sublimer des désirs dissimulés », explique la psychologue de l’Uclat. « Il y a une fascination par rapport à la figure du soldat viril, avec la création d’un entre-soi masculin, un univers étanche à la femme », interprète Serge Hefez.

« Les crises d’identité menant à la radicalité peuvent être multiples, résume un responsable de la lutte contre la radicalisation. La religion est une sublimation. La verticalité permet de gérer ses frustrations : on se marie avec Dieu. » Ce qui ne manque pas d’induire des contradictions fortes chez certains candidats au djihad.

 

 

LE MONDE

En Suisse, l’intention de rejoindre Daech suffit pour être condamné

police suisse

La justice helvétique a franchi le pas en sanctionnant un prétendant au djihad, arrêté à l’aéroport de Zurich, avant même qu’il ne prenne l’avion.

Aurait-on pu stopper Mohamed Lahouaiej Bouhlel juste avant qu’il ne monte dans son camion pour commettre ce massacre à Nice, si la police avait eu connaissance de ses intentions meurtrières ?

Répondre à cette question consiste à en poser deux autres : peut-on arrêter un apprenti terroriste, qui n’est pas encore passé à l’acte ? Puis ensuite le juger pour un crime qu’il n’a pas encore commis ? À ces interrogations, la justice suisse, pour la première fois, a répondu positivement en condamnant en fin de semaine dernière Ahmed, un Libano-Suisse âgé de 26 ans. Il avait été arrêté le 7 avril 2015 à l’aéroport de Zurich alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers la Turquie, pour ensuite rejoindre l’organisation État islamique en Syrie.

Pour le condamner, certes, à une peine légère – dix-huit mois avec sursis –, le Tribunal pénal fédéral, la plus haute instance judiciaire de la Confédération, s’est appuyée sur la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et État islamique. Le simple fait « d’encourager les activités » de ces organisations terroristes est puni d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Or, l’enquête a pu démontrer qu’Ahmed, né en Suisse dans une famille libanaise d’origine modeste, a eu des contacts réguliers avec l’organisation terroriste pendant huit mois. Pour rejoindre Daech, il est entré en relation avec un passeur à la frontière turco-syrienne et il s’est procuré un billet d’avion. « Toute intention de vouloir rejoindre un groupe de combattants en Syrie revient à les soutenir, même sans organisation concrète d’action (…) Car ce n’est qu’avec des recrues que les groupes peuvent commettre leurs crimes », souligne Juliette Noto, procureure générale, citée par La Tribune de Genève.

Il voulait mourir en martyr

Par ailleurs, Ahmed était en possession de vidéos de décapitation, de lapidation, de crucifixion. Enfin, en novembre 2014, communiquant avec son amie, Ahmed lui aurait avoué son souhait de « mourir en martyr », ajoutant qu’il savait que son déplacement en Syrie pouvait lui valoir cinq ans de prison. Pour sa défense, le Libano-Suisse a affirmé qu’il n’allait en Syrie que pour rendre visite à des amis et pour participer à un programme d’aide humanitaire en faveur des victimes de la guerre civile. Des explications qui n’ont guère convaincu le tribunal pénal fédéral.

Le Ministère public de la Confédération réclamait deux ans de prison avec sursis. Le candidat au djihad n’a finalement été condamné qu’à dix-huit mois. Une clémence due à son assiduité au programme de déradicalisation. Chômeur, le prétendant au djihad vit aujourd’hui à Winterthur, en Suisse alémanique, chez sa mère, avec sa femme et leur fils, grâce à l’aide sociale. Au moment de son arrestation à l’aéroport de Zurich, en avril 2015, sa compagne était enceinte de deux mois.

Des capacités intellectuelles limitées

Contrairement à beaucoup d’autres volontaires pour intégrer les rangs de l’organisation État islamique, ce Libano-Suisse n’est jamais tombé dans la délinquance. C’est au contraire un homme très religieux, fréquentant la mosquée quotidiennement. Malheureusement une mosquée influencée par l’islam radical. À la suite de l’ancien champion du monde de boxe thaïe, Valdet Gashi, d’origine kosovare, plusieurs jeunes de Winterthur ont rejoint les rangs de Daech en Syrie. Selon certaines sources, Valdet Gashi aurait été tué depuis.

Évoquant Ahmed, le quotidien Le Temps de Lausanne parle d’un jeune homme aux capacités intellectuelles limitées, peu scolarisé, très influençable, et qui n’a jamais pu conserver longtemps de petits boulots, dans une station-service ou dans une entreprise de jardinage.

 

Dreuz Info

L’État islamique menace d’intensifier ses attaques en France et vise pour la 1ère fois Marseille

TERRORISME – Le groupe extrémiste Etat islamique a menacé d’intensifier ses attaques contre la France dans une vidéo postée sur des réseaux sociaux mercredi soir et où apparaissent deux jihadistes francophones.

Ces derniers félicitent l’auteur de la tuerie de Nice qui a fait 84 morts le soir du 14 juillet, et procèdent à la décapitation de deux hommes qu’ils accusent d’avoir « espionné » l’EI, un « message » pour la France, selon cette vidéo que mentionne également SITE, le centre américain de surveillance des sites jihadistes.

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La vidéo aurait été « produite » par Daech dans la province irakienne de Ninive (nord) où l’EI contrôle des territoires, selon SITE. Comme le note sur Twitter Romain Caillet, spécialiste des questions islamistes, plusieurs villes françaises sont directement citées dans la liste des cibles, dont Marseille pour la 1ère fois.

2L’EI avait revendiqué samedi l’attaque de Nice en affirmant qu’elle venait « en réponse aux appels du groupe à prendre pour cible les pays faisant partie de la coalition » antijihadiste en Irak et en Syrie. La France fait partie de cette coalition menée par les Etats-Unis qui bombarde des positions du groupe ultraradical.

Des experts estiment que l’EI ne semble pas avoir organisé directement les récentes attaques en France ou en Allemagne mais pourrait avoir inspiré ses auteurs et chercher à renforcer son image de terreur en les revendiquant.

 

HUFFINGTONPOST

Le tueur de Nice : Bisexuel, obsédé et gérontophile

La police française a interpellé un homme de 73 ans, identifié comme le principal amant de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, auteur de l’attaque, jeudi dernier, à Nice.

 Lahouij Bouhlel

C’est ce que rapporte la presse française, précisant que le nom de nombreuses conquêtes féminines, mais aussi masculines, ont été identifiés dans le téléphone portable du conducteur du camion frigorifique, qui a foncé sur la foule, le soir du 14 juillet, à la Promenade des Anglais, faisant 84 morts de différentes nationalités, dont 4 Tunisiens.

Ce tunisien de 31 ans, originaire de Msaken, près de Sousse, s’était rendu en France, en 2005, après avoir épousé Hajer, sa cousine, une Franco-tunisienne avec qui il a eu 3 enfants. Mais depuis plus de 2 ans, le couple va mal et Mohamed Lahouaiej Bouhlel a multiplié les conquêtes des 2 sexes et mené une vie tumultueuse entre salles de sports et bars du quartier. «Ce terroriste peut être qualifié d’obsédé sexuel au regard des auditions de ses différent(e) s partenaires», indique le journal  »20 Minutes » citant un proche de l’affaire.

En Tunisie, le père du tueur, dont l’attaque a été revendiquée par l’organisation terroriste de l’Etat islamique (Daech), a indiqué aux médias que son fils est un non-religieux, devenu très violent suite à des troubles psychiques.

D’autre part, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué ce matin, que «les liens entre le tueur de Nice et les réseaux terroristes et notamment l’Etat islamique ne sont, pour l’instant, pas établis par l’enquête», précisant tout de même que la psychologie Lahouaiej Bouhlel, qui témoigne d’un individu déséquilibré et très violent, pourrait l’avoir poussé à se radicaliser rapidement.

En effet, l’exploitation de son ordinateur a permis de découvrir qu’il consultait des sites de propagande de violences et de décapitations.

 

KAPITALIS

Daech décapite quatre footballeurs en Syrie

4 joueurs de foot syriens

L’organisation terroriste de Daech (Etat islamique) a décapité ce week-end quatre footballeurs de l’équipe Al-Shabab SC de la ville de Raqqa (Syrie).

Daech avait déclaré le football, et tout sport collectif, comme «anti-islamique», lors de sa prise de contrôle de la ville, il y a deux ans. Mais le groupe est allé plus loin dans la terreur, en décapitant quatre membres de l’équipe de football locale, qui faisait la fierté de la ville de Raqqa.

Selon le journal britannique The Mirror, qui rapporte l’information, Daech a accusé les quatre hommes d’être des espions à la solde des rebelles kurdes de l’YPG, qui combattent l’organisation djihadiste.

 

TUNISIE NUMERIQUE

Le détail des attentats déjoués en France depuis un an

police france

Des projets d’assassinats et d’attentats, visant notamment un centre commercial, une salle de spectacle ou encore une centrale nucléaire, ont été révélés devant la commission d’enquête parlementaire.

«Nous avons tout eu»: le 18 mai, devant la commission d’enquête, le coordonnateur national du renseignement, Didier Le Bret, résume en une formule les multiples attaques, contrecarrées ou non, qui ont visé le pays. Pour la première fois, le rapport de Sébastien Pietrasanta fournit le détail d’une dizaine d’attentats déjoués en France en un an. Certains, comme celui ciblant la base militaire de Port Vendres où trois djihadistes voulaient filmer la décapitation d’un haut gradé ou celui en octobre contre des militaires de la base de Toulon, sont connus. D’autres sont restés plus confidentiels. Ainsi, le document révèle que, le 16 mars, «quatre jeunes femmes, dont trois mineures (…) ont été interpellées à Roubaix, Lyon et Brie-Comte-Robert» alors qu’«elles avaient formé le projet d’attaquer une salle de concert, deux cafés et un centre commercial à Paris».

Ce coup de filet a lieu huit jours avant que la DGSI interpelle Reda Kriket à Boulogne-Billancourt et découvre à Argenteuil une «cache» remplie d’armes de guerre et d’explosifs susceptible de perpétrer une attaque au nom de Daech. Les 15 et 16 décembre dernier, la DGSI arrêtait Rodrigue D. et Karim K., deux terroristes en puissance qui «projetaient de s’attaquer à des militaires et des policiers orléanais». Le rapport dévoile que «tout en minimisant son implication dans ce projet», Karim K. a «reconnu vouloir assassiner le préfet du Loiret et s’attaquer à une centrale nucléaire». Avant de préciser que «les deux mis en cause ont confirmé le rôle d’Anthony D., djihadiste français de l’EI évoluant en Syrie depuis fin 2014, comme soutien financier».

Communications cryptées

Au même moment, la DGSI, toujours elle, appréhendait, à Tours, Issa Khassiev, un Russe d’origine tchétchène «susceptible d’avoir rejoint la Syrie en 2013» et qui envisageait de «réaliser une action violente en France avant de regagner la zone syro-irakienne pour y mourir en martyr». Lors d’une perquisition, celui qui a prêté «allégeance à l’EI» avait «proféré des menaces à l’encontre des fonctionnaires de police présents». Outre le cas d’un radicalisé en prison projetant d’assassiner une députée parisienne interpellé en octobre «après s’être lui-même dénoncé (…)», le document évoque aussi l’arrestation, à Fontenay-sous-Bois, de Salim et Ahmed M., deux frères «velléitaires pour le djihad syrien» qui voulaient s’en prendre à des «militaires, des policiers et/ou des juifs». Ces réussites policières ne peuvent cependant obérer les échecs des attentats de janvier et de novembre qui enseignent que «les terroristes ne relèvent plus d’aucune logique nationale ni dans leur profil ou leur recrutement, ni dans leur mode opératoire et la conception de leurs attaques».

Rappelant que «les commandos ne se sont effectivement rendus sur le territoire français que la veille des attaques, un délai peut-être trop bref pour être repérés par les seuls services français», Sébastien Pietrasanta considère que «cette tactique a également si bien fonctionné parce que les terroristes ont encore accru leur mobilité par une bien plus grande furtivité que par le passé». Le directeur général de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, l’a concédé devant la commission Fenech: «La difficulté à laquelle nous nous heurtons est que ces terroristes sont rompus à la clandestinité et font une utilisation très prudente, très parcimonieuse, des moyens de communication: les téléphones ne sont utilisés qu’une seule fois, les communications sont cryptées et nous ne pouvons pas toujours les décoder.» «Pour connaître leurs projets, il faut avoir des sources humaines directement en contact avec ces terroristes, décrit le patron de la DGSE. Or ces réseaux sont très cloisonnés, ils peuvent recevoir des instructions de caractère général, mais avoir ensuite une certaine autonomie dans la mise en œuvre de la mission qui leur est confiée.» (…). Et le rapporteur Pietrasanta de conclure: «L’explosion des communications électroniques, le développement du darknet, la mise à portée de tous de moyens de communication bénéficiant de puissants chiffrements - telle que l’application de messagerie Telegram - rendent les terroristes plus furtifs aux yeux des services de renseignements et leur imposent d’opérer des sauts capacitaires réguliers.»

 

Le Figaro

Syrte aux mains de Daech : les habitants témoignent

daech générique 15

Cette ville du centre de la côte méditerranéenne est totalement aux mains de l’État islamique depuis juin 2015. Les habitants qui ont pu fuir évoquent des règles difficiles et la peur au quotidien.

Misrata – correspondance dna

Elles sont environ 2 000 familles sur les 15 000 ayant fui Syrte, à avoir choisi Misrata comme lieu de refuge. Partis précipitamment, beaucoup vivent de la générosité de leurs compatriotes ou d’organisations humanitaires. Dimanche, plusieurs dizaines de chefs de famille attendaient devant un hangar de Misrata des colis envoyés par le programme alimentaire mondial. L’occasion pour les Syrtois de se retrouver et de parler de leur ville en cours de libération.

Fumer est passible de 48 coups de fouet

Cela fait quatre mois qu’Ibrahim Mouftar Milad a quitté sa maison : « À l’époque, c’était facile de partir. Mais une semaine après mon départ, ils ont décidé qu’il fallait une autorisation pour quitter la ville. » Quelques centaines de civils sont effectivement toujours à Syrte où les combats entre forces libyennes et État islamique font rage. Alors que le réseau téléphonique est coupé et que les accès à la ville sont fermés, il est difficile de savoir si ces familles sont coincées ou si elles ont choisi de ne pas partir.

Ibrahim Mouftar Milad, lui, ne s’est pas posé la question : « La vie était trop difficile là-bas. Ils forcent les femmes à porter le voile intégral, les hommes ne doivent plus se raser, ils ont fermé les magasins de vêtements, il est interdit de fumer… » Ces règles ont été mises en place progressivement, parallèlement à l’installation de l’EI. Arrivée à Syrte en février 2015, l’organisation terroriste a d’abord pris en mains quelques bâtiments comme la radio et la télévision. C’est en juin 2015 que les djihadistes ont gagné la totalité de la ville et de la région. « Les habitants ont été manipulés. Après la révolution, la brigade des rebelles de Syrte a changé son attitude. Ils sont devenus Ansar al-Charia, puis Daech », explique Faouzi Moustapha, un des responsables des réfugiés de Syrte à Misrata.

Mohamed Mustapha Abbourguiba, un autre réfugié, arrivé il y a dix mois, estime que l’EI s’est comporté « de façon correcte au début, le premier mois. Mais plus ils ont eu du pouvoir, plus ils sont devenus agressifs. » Le vieil homme à la vue défaillante l’a lui-même testé : « Au tout début, j’ai allumé une cigarette à un check-point de Daech. Le garde a souri, il m’a dit de l’éteindre et de filer. Quelques mois plus tard, j’ai été arrêté parce que je fumais. Ils voulaient me battre. Un des hommes s’est montré miséricordieux à cause de mon âge. »

Les personnes qui tentaient de désobéir ou qui s’opposaient à l’EI en ont payé le prix. Par exemple, fumer était passible de 48 coups de fouet. Les « takfiri » (mécréants), c’est-à-dire les opposants à l’EI, étaient condamnés à mort par le tribunal islamique mis en place à Syrte. « Daech convoquait les habitants pour qu’on assiste aux décapitations, se souvient Ibrahim Milad. Parfois, ils crucifiaient les gens et les exposaient sur le rond-point Zaafran, près de chez moi. » Mohamed Mustapha Abbourguiba a un souvenir sombre de ces exécutions : son neveu Milad fait partie des victimes de l’EI. Son corps crucifié est resté deux jours à la vue de tous.

 

DNA

Il détourne les profils Twitter de Daech en comptes pro-gay

Un pirate informatique envoie des messages à caractère sexuels depuis les profils Twitter pro-EI.

Les sympathisants et recruteurs de Daech ont la réputation d’être très actifs sur les réseaux sociaux, et notamment Twitter. Des milliers de comptes diffusent des contenus faisant l’apologie du terrorisme, des vidéos de décapitation, et autres messages de haine, à tel point que Twitter a dû réagir en faisant fermer 125.000 comptes depuis 2015.

Comment les combattre ? C’est la question qu’a dû se poser un « hacker » membre des Anonymous, surnommé  »Wauchula Ghost », et dont l’histoire est rapportée par le Washington Post. Son but : prendre la main sur les comptes des terroristes et leur faire tweeter… des contenus sexy. « . « Il y a deux choses que l’Etat Islamique craint : les femmes, et le porno (…) On se moque d’eux pour diminuer leur présence en ligne », affirme le pirate informatique qui revendique avoir déjà détourné 160 comptes, et préfère garder l’anonymat. Depuis le massacre d’Orlando, il a même décidé de transformer les profils Twitter de l’Etat Islamique en comptes pro-gay. Exemple : cet avatar de profil modifié sur un des comptes pro-EI, avec le drapeau de la cause homosexuelle accompagné des mots « Je suis gay et j’en suis fier » :

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Un tweet envoyé par le hacker sur un compte Twitter pro-Daech (@Twitter)

 

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Au-delà de tourner en dérision les combattants de Daech, le pirate informatique affirme au site Softpedia que l’accès à ces comptes lui permet aussi de récupérer et de rendre publiques les adresses IP des utilisateurs pro-EI, et d’en surveiller d’autres, dont les profils ne sont pas publics. « Nous créons de la confusion. Daech ne sait plus quels comptes sont bons, et quels comptes sont mauvais », ajoute-t-il.

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« Le gouvernement [américain, ndlr.] n’en a pas assez fait, particulièrement sur les réseaux sociaux (…) on voit des images de décapitation partout, les enfants ne devraient pas pouvoir voir ces images » affirme Wauchula Ghost au Washington Post. Il précise aussi qu’il ne tweete pas de contenu « classé X » sur les comptes qu’il pirate, mais uniquement « sexy ». Si le risque est d’offenser aussi la communauté musulmane modérée avec ces contenus, même « soft », Wauchula Ghost ne semble pas s’en soucier pour l’instant. « Mon objectif est de me réveiller le matin et voir les messages de Daech, me disant qu’ils vont me tuer ou de me couper la tête. Plus ça les rend fous, plus je suis heureux », conclut-il.

Europe 1

Que vont devenir les enfants occidentaux de Daech ?

enfant soldat

Ils sont des centaines, endoctrinés, traumatisés, potentiellement dangereux : les enfants occidentaux qui auront passé des années au sein du groupe État islamique, s’ils rentrent un jour dans leurs pays d’origine, vont poser un problème auquel il faut se préparer, estiment officiels et experts.

Alors que les forces de l’EI vont de défaite en défaite et perdent du terrain, les défections se multiplient dans les rangs des combattants étrangers qui avaient rejoint le « califat » autoproclamé. Si certains sont venus avec femmes et enfants, nombreux sont ceux qui se sont mariés et dont les épouses ont eu des enfants : pour la France, les autorités estiment à environ 400 le nombre de mineurs actuellement présents dans la zone. « Les deux tiers sont partis avec leurs parents, le tiers restant est composé d’enfants nés sur place et qui ont donc moins de quatre ans », a précisé récemment, lors d’une audition à l’Assemblée nationale française, le directeur général de la Sécurité intérieure (DGSI), Patrick Calvar. « Je vous laisse imaginer les problèmes de légalité que posera leur retour avec leurs parents, s’ils reviennent, sans compter les réels problèmes de sécurité car ces enfants sont entraînés, instrumentalisés par Daech (acronyme arabe de l’EI) : une vidéo récente les met en scène en tenue militaire. »

Ceux que l’EI surnomme « les lionceaux du califat » sont très présents dans la propagande de l’organisation : cela va des salles de classe où, dans les programmes estampillés Daech, on apprend le nom des armes et des sourates du Coran guerrières, à des entraînements paramilitaires, des rassemblements au cours desquels on assiste à des décapitations, voire des exécutions lors desquelles les bourreaux, arme au poing, ont une douzaine d’années. « Il va falloir, j’insiste, s’occuper de ces enfants quand ils reviendront », a prévenu le chef de la DGSI.

« S’occuper de ces enfants », c’est le travail de Yves-Hiram Haesevoets. Pour ce chercheur belge en psychologie clinique, spécialiste reconnu des traumatismes des mineurs, le retour des enfants de Daech est préoccupant mais peut être pris en charge.

Pas le choix

« Il y a des précédents : le Rwanda, les boat-people, différentes zones de guerre », dit-il à l’AFP. « Au moment du Rwanda, dans l’hôpital où je travaillais, on a reçu de nombreux enfants post-traumatisés, des enfants de tous âges, parfois eux-mêmes blessés ou ayant été enfants-soldats. » « L’important est de s’organiser pour les accueillir, bien en amont, en constituant des centres communautaires, des réseaux de familles d’accueil », dit-il. « Souvenez-vous des jeunesses hitlériennes : leur propagande avait touché toute une génération. Ils ont été pris en charge, il y a eu la dénazification. »

En plus de l’endoctrinement et des horreurs auxquelles ils ont pu assister, ces enfants, comme tous les rescapés de zones de guerre, auront vécu des mois, voire des années, dans des régions soumises aux privations, aux bombardements et aux raids aériens.

Pour le professeur de psychopathologie clinique Fethi Benslama, spécialiste de la radicalisation, tout doit commencer par la parole. Des structures doivent être mises en place pour faire parler ces enfants, quand ils le peuvent, avant de les réintégrer, le plus vite possible, dans un cursus scolaire normal. « Il faut les accueillir, voir comment ils parlent, ce qu’ils ont vécu », dit à l’AFP ce Tunisien d’origine travaillant à Paris. « Il faut mettre en place des dispositifs pour les écouter, en fonction des âges. Et ensuite les insérer parmi les autres enfants, dans le système scolaire, en ayant une attention à ce qu’ils deviennent, à ce qu’ils manifestent. On n’a pas le choix de faire autrement. Il n’est pas question de leur faire porter quelque chose de la responsabilité de leurs parents. » « Nous avons les moyens » en France, ajoute Fethi Benslama, auteur d’un essai récent, Un furieux désir de sacrifice (éditions Seuil).

« Il faut mobiliser les compétences pour recevoir ces enfants quand ils arriveront. On a tardé à créer les centres pour recevoir les jeunes qui reviennent de ces terrains de guerre, il faut se préparer à l’avance pour les enfants. L’important est de ne pas être pris au dépourvu », estime-t-il.

 

L’Orient le Jour

Décapitations, crucifixions et pénuries alimentaires : la vie sous l’État islamique à Syrte

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Un rapport accablant publié par Human Rights Watch a permis de découvrir que des dizaines de personnes avaient été exécutées, et que des dizaines d’autres étaient portées disparues.

Le groupe État islamique (EI) a procédé à des dizaines d’exécutions par décapitation et fusillade de prisonniers dans la ville côtière de Syrte, en Libye, depuis qu’il s’est emparé du pouvoir en février dernier, a déclaré Human Rights Watch ce mercredi.

Les militants de l’EI ont exécuté des opposants politiques, des combattants adverses ainsi que de très nombreuses personnes accusées d’espionnage, de sorcellerie et de mécréance, a affirmé le rapport libyen intitulé « We Feel We Are Cursed: Life under ISIS in Sirte » (« Nous avons l’impression d’être maudits : la vie sous l’EI à Syrte »).

Interviewés par Human Rights Watch, des Syrtois ont expliqué que leur ville était souvent remplie de cadavres vêtus de combinaisons orange suspendus à des bâtiments dans le cadre de ce que l’EI appelle des « crucifixions ».

Les militants de l’État islamique ont également réduit drastiquement l’accès à la nourriture, aux soins médicaux et au carburant, et ils ont confisqué les propriétés de personnes ayant fui la ville, tout en s’appropriant l’argent des habitants.

« Comme s’il n’était pas déjà suffisant de décapiter et de fusiller ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis, les membres de l’État islamique sont à l’origine de terribles souffrances pour la population de Syrte, y compris pour les musulmans qui suivent leurs règles, a décrit Letta Tayler, chercheuse spécialiste du terrorisme et du contreterrorisme. Tandis que le monde reste focalisé sur les atrocités qui se déroulent en Syrie et en Irak, Daech pratique également des meurtres en Libye en toute impunité. »

Human Rights Watch a été en mesure de prouver 49 exécutions à Syrte, mais l’association affirme que des dizaines de disparitions d’opposants ont été orchestrées et qu’on suppose que ces personnes sont mortes. De plus, Human Rights Watch estime que les exécutions hors de tout cadre légal pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

Le groupe État islamique contrôle une bande littorale qui s’étend sur 200 km, et il a profité du vide politique qui règne dans le pays – divisé depuis longtemps entre deux Parlements rivaux, l’un à l’Est et l’autre à Tripoli, la capitale – pour gagner du terrain.

Cependant, on constate ces derniers jours une légère progression de l’opposition au groupe, avec la reprise à l’EI ce mardi de carrefours stratégiques à proximité de Misrata par des forces loyales au nouveau gouvernement d’unité nationale libyenne, le gouvernement Fayez el-Sarraj.

Ce gouvernement d’entente nationale a été instauré suite à un accord pris en décembre de l’année dernière, et il est entré à Tripoli au mois de mars. Jusqu’à présent, il a échoué dans ses démarches visant à unir dans son sillage les factions libyennes en guerre ; mais, ce lundi, les États-Unis, l’Italie et les voisins et alliés de la Libye ont déclaré vouloir mettre un terme à l’embargo de l’ONU sur les armes pour pouvoir permettre au gouvernement d’entente nationale d’intensifier ses efforts contre l’EI.

Cependant, cet entrain à combattre l’État islamique intervient peut-être un peu trop tard au goût de nombreux Libyens.

« La vie à Syrte est insoutenable. Tout le monde vit dans la peur », a relaté à Human Rights Watch une Syrtoise de 30 ans dans la ville de Misrata, où elle a réussi à se rendre pour obtenir des soins médicaux.

« Ils tuent des innocents. Il n’y a pas de commerces de proximité, l’hôpital a été vidé de ses médecins et infirmières, il n’y a plus de médicaments… Il y a des espions dans toutes les rues. La plupart des gens sont partis, mais nous sommes pris au piège. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir. »

La ville, peuplée de près de 80 000 personnes en 2013, est surtout connue comme la ville natale de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a été renversé lors d’une révolution sanglante appuyée par l’OTAN en 2011.

Le rapport de l’association Human Rights Watch appelle également les protagonistes internationaux à faire plus d’efforts pour traîner devant la justice ceux qui bafouent les droits de l’homme.

« Au lieu de proférer des menaces en l’air, les acteurs internationaux devraient tenir leur promesse d’identifier et de punir les responsables de crimes graves en Libye, a réclamé Letta Tayler. Leur manque d’action aura pour seule conséquence une augmentation du nombre de victimes des crimes horribles perpétrés par des groupes comme l’État islamique contre des civils. »

Middle East Eye
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